
L’éco-région renferme environ 6 000 km² de récifs coralliens, répartis de la manière suivante :
| Madagascar | Comores | Maurice | Seychelles | France | |
|---|---|---|---|---|---|
Récifs barrières | Tuléar : complexe de plus de 200 km | Ebauche de barrière au sud de Mohéli | Mahébourg (5 km) | ||
Récifs frangeants | Très nombreux au nord-est et sur la côte ouest | Au nord, sud et est de Grande Comore et entoure une grande partie de Mohéli et d’Anjouan | Tout le tour de Maurice et de Rodrigues (avec un platier très large à Rodrigues) | Nombreux récifs frangeants autour de la plupart des îles | 8 portions de récifs sur la côte ouest (21 km) ; entoure une grande partie de Mayotte |
Récifs à caye | Nombreux cas, notamment au nord-ouest et au sud-ouest | ||||
Bancs coralliens | Banc du Leven | Cargados Carajos, Saint-Brandon, Saya de Malha, etc | Afican Banks | Nombreux bancs coralliens (Geyser…) | |
Atolls | Aldabra, Cosmeldo, Fraquhar, Alphonse, Providence, Cerf |
L’état de santé des récifs coralliens est suivi depuis 1998 par le « réseau récif COI », dans le cadre du réseau GCRMN (Global Coral Reef Monitoring Network). Mis en place lors du PRE COI (financement FED), ce réseau a ensuite bénéficié d’un financement FEM / Banque mondiale. Il est actuellement soutenu par le projet « réseau des AMP des pays de la COI ».
Les suivis sont réalisés sur 44 sites et 72 stations dans la région. Lors du blanchissement massif de 1998, dû à un épisode d’El Nino très sévère, les récifs coralliens de l’éco-région ont différemment souffert. Les récifs les plus atteints sont aux Comores et surtout aux Seychelles.
| Etat de santé et pressions | |
|---|---|
Comores | Forte diminution du recouvrement entre 93 et 99. Mortalité 98 de 30 à 40 % (50% maximum)Reprise corallienne très nette, malgré les pratiques de pêche destructrice |
Madagascar | Variable selon les pressions humaines (érosions des bassins versants, rejets toxique) ; récifs isolés en bon état, récif de Tuléar très dégradé |
Maurice | Couverture stable, malgré les rejets d’effluents agricoles et domestiques qui augmentent la couverture algale |
Réunion | Stabilité du recouvrement, après la nette dégradation des années 80, et malgré les impacts d’un littoral fortement urbanisé |
Seychelles | Récifs très fortement touchés en 1998 (45 à 95 % des récifs blanchis et morts). Régénération très lente par rapport aux autres récifs de l’éco-région (faible résilience) |
Présentes aux Seychelles, à Rodrigues, Maurice et aux Comores, où elles occupent de faibles superficies, les mangroves sont surtout développées à Madagascar, où les mangroves d’estuaire et de littoral couvrent près de 3 000 km², principalement à l’ouest.
Les mangroves jouent un rôle clé pour le renouvellement des ressources marines (reproduction, nurserie). A Madagascar, quelques mangroves, surtout au sud de Tuléar, sont fortement dégradées par les prélèvements de bois de chauffe et de construction.
Par leur forte production primaire et leur structure complexe, les herbiers de phanérogames marines supportent une grande variété d’organismes marins, particulièrement au cours des stades juvéniles.
Les herbiers du sud-ouest de l’Océan Indien représentent des ressources importantes pour les pêches de subsistance qui contribuent aux apports alimentaires des populations locales, mais aussi pour les pêches d’exportation à l’échelle régionale.
Ils jouent de plus un rôle fondamental comme habitats des tortues marines et des dugongs, dont ils sont la principale source de nourriture ; ils participent au maintien de la géomorphologie du littoral des îles coralliennes soumises à de fortes contraintes érosives.
Les herbiers sous-marins sont présents dans toutes les îles et sont très étendus sur la côte ouest de Madagascar et aux Seychelles. Ils sont très mal connus, à l’exception de ceux des Seychelles, ce qui fait que l’on ignore leur état de santé actuel.
Les îlots ont un rôle fondamental comme habitats des oiseaux, notamment les oiseaux migrateurs, ou comme zone de nidification des tortues ; ils sont souvent des zones d’endémisme remarquable pour la faune et la flore. Les îlots sont nombreux dans l’ensemble de la zone, notamment aux Seychelles et à Madagascar, mais également aux Comores et à Maurice.
Les principales menaces pour les îlots sont le développement du tourisme, comme dans certains îlots malgaches, le braconnage des tortues marines et parfois des oeufs d’oiseaux, les impacts de la pêche traditionnelle, et dans un cas particulier (Iles Barren, Madagascar), l'extraction de phosphate.
L’endémisme peut également être fortement menacé par l’introduction d’espèces envahissantes ou cultivées. Plusieurs initiatives de restauration de la flore endémique sont actuellement engagées, par exemple aux Seychelles ou à Maurice.
Les lagunes les plus importantes sont situées à Madagascar : lagune de Loza sur la côte ouest (456 km²), ou canal des Pangalanes (180 km²). Elles jouent un rôle essentiel pour nombre d’espèces marines côtières, dont le cycle biologique comporte une partie dulçaquicole et fournissent des apports essentiels au niveau de l’alimentation des organismes (cas des crevettes sur la côte est malgache).
Les upwellings (est de Mohéli, Fort Dauphin Cap St-André à Madagascar), les zones de frai et les zones sources de recrutement larvaire ne sont pas encore bien connues, mais jouent un rôle essentiel dans le renouvellement des ressources marines, notamment celles qui sont prélevées par les activités de pêche. Leur prise en compte est essentielle pour élaborer une stratégie de conservation et définir un réseau efficace d’aires marines protégées.