
Les menaces qui pèsent sur les écosystèmes et sur les ressources marines de la région sont soit liées aux activités humaines, avec des impacts localisés mais immédiats, soit liées à des évolutions naturelles et globales, pouvant s’exercer sur tous les milieux.
De manière générale, les pressions s’exercent avec plus d’intensité sur les récifs coralliens, très sensibles aux perturbations, avec des conséquences importantes et immédiates sur le niveau des ressources halieutiques côtières, mais aussi sur les mangroves et les herbiers.
Outre leur rôle-clé dans l’édification des îles coralliennes, les cyclones entraînent une destruction des récifs par les houles et sur une forte sédimentation terrigène au débouché des rivières. Leur rôle est important dans les Mascareignes et sur la côte est de Madagascar.
Les évènements de blanchissement à grande échelle sont principalement intervenus lors d’anomalies du système El Nino, qui se traduisent en particulier par le réchauffement des eaux de surface, entraînant des mortalités coralliennes. Les prévisions annoncent une augmentation de la fréquence de ces anomalies. Sur la base des hypothèses actuelles en matière de réchauffement climatique, les sites coralliens les plus vulnérables seront au stade de l’extinction en 2020.
Les zones de forte résistance ou de forte résilience au blanchissement constituent une des bases de la survie des récifs et doivent constituer des objectifs prioritaires de conservation.
La déforestation des bassins versants, essentiellement pour l’agriculture, est cause d’une importante sédimentation sur les récifs. Ces apports induisent une dégradation des récifs frangeants par étouffement des coraux, augmentation de la turbidité et diminution de la lumière. C’est une des causes majeures de la détérioration des récifs, notamment dans certaines régions de Madagascar, aux Comores et dans certaines îles des Mascareignes.
Les pollutions domestiques, agricoles et industrielles provoquent divers types de nuisance, dont l’enrichissement artificiel des eaux côtières en nutriments, qui induit une eutrophisation défavorable aux coraux. Ces phénomènes affectent essentiellement les zones de concentration urbaine (Réunion, Maurice, Madagascar ponctuellement).
Les risques de pollution accidentelle par les hydrocarbures ne sont pas négligeables, notamment dans le canal du Mozambique. Les mangroves sont très sensibles aux marées noires et sont en général détruites.
L’urbanisation côtière et l’aménagement du littoral (ports, aéroports, routes, remblais gagnés sur la mer) sont souvent réalisés au détriment des récifs coralliens et des mangroves. Les phases de travaux se traduisent généralement d’importants rejets terrigènes qui étouffent les milieux environnants.
Il s’agit du problème majeur de la région. L’exploitation intensive des ressources démersales dans les zones où le plateau continental, étroit, se réduit aux récifs coralliens, conduit à une diminution importante des stocks.
Bien que le caractère très informel de l’exploitation des ressources ne facilite pas leur suivi, on peut parler de surexploitation aux Comores et à la Réunion. A Madagascar, les efforts consentis pour la protection des écosystèmes forestiers terrestres ont pour effet d’accroître la pression humaine sur les zones côtières.
Outre le poisson, d’autres ressources subissent une surexploitation dans la région :
Dans la région, il s’agit de :
Le tourisme a un impact lors de l'aménagement des infrastructures touristiques (construction d'hôtels, de marinas, etc.) et pendant le déroulement de certaines activités touristiques sur les récifs (piétinement des platiers, bris des coraux et collectes des organismes en particulier les coraux et les coquillages). Il entraîne aussi une pression accrue sur certaines ressources naturelles en vue de satisfaire la demande des consommateurs (par exemple les langoustes). Il est surtout développé aux Seychelles et à Maurice.
D’après les travaux du SCOR (Boston, 1998) :
Du fait du développement des activités humaines sur les zones côtières, de la démographie et de la demande des marchés extérieurs, les pressions s’accroissent indubitablement. Le tableau suivant permet d’apprécier les niveaux de pression pour chaque pays de la COI.
| Madagascar | Comores | Maurice | Seychelles | France | |
|---|---|---|---|---|---|
Cyclones | X | XXXX | XXX | XXX | |
Blanchissement corallien | XXXX | XXX | XX | XX | XXXXX |
Sédimentation terrigène | XXXX | XXXXX | X | XXX | XXX |
Pollution des eaux | X | X | XXX | XXX | X |
Destruction physique du littoral | X | X | X | XX | XXX |
Surexploitation des ressources | XXX | XXX | X | X | |
Méthodes de pêche destructrice | XXX | XX | X | X | |
Tourisme et activités de loisirs | X | XXXX | XXX | XXXX |