Il existe actuellement 26 aires protégées marines dans les pays de la COI, totalisant environ 1 350km², auxquelles s’ajoutent au moins 13 projets de création.
Ces aires protégées sont de trois types :
- 9 grandes aires marines, de type Parc (catégorie II de l’UICN), dont la vocation est la protection de la biodiversité mais également le développement durable d’activités de pêche ou de loisirs ;
- des aires marines de petite taille, destinées essentiellement à la protection d’une espèce (tortues, dugong, etc.) ou d’un habitat. Selon les restrictions d’usage, elles sont classées en catégorie I (réserve intégrale) ou IV (Aire de gestion des habitats/espèces) de l’UICN ;
- des aires marines destinées à limiter la pression de pêche, à vocation avant tout halieutique (catégorie VI de l’UICN).
Les deux plus grandes AMP sont celles de Mohéli (Comores – 400 km²) et de Sahamalaza (Madagascar - 322 km²).
A partir d’une certaine taille, les AMP font généralement l’objet d’un zonage, avec des aires de protection stricte où les activités, notamment la pêche, sont interdites (effet réserve), et des zones où la pêche est autorisée, mais sous certaines réserves (réglementation sur les méthodes de pêche, les tailles, etc.).
La gestion des AMP est globalement de deux types :
- Dans les pays les plus développés (Réunion, Seychelles, Maurice), les AMP souvent anciennes, protégées de façon stricte, de gestion étatique, avec une participation locale limitée ;
- Aux Comores et à Madagascar, des AMP qui laissent une part importante à la co-gestion avec les communautés locales : AMP mises en place dans le cadre de la GELOSE à Madagascar, accords de co-gestion avec les villageois aux Comores.
La gestion des AMP est parfois déléguée par convention à des ONG, à l’exemple du Parc national de Masoala (Madagascar), géré par WCS.
Le réseau régional des AMP présente cependant plusieurs faiblesses :
- La représentativité des milieux est insuffisante. Si les AMP actuelles couvrent relativement bien les écosystèmes coralliens, les mangroves et les herbiers sont en revanche très mal représentés.
- Des sites essentiels pour les espèces phares ne sont pas encore protégés. On peut citer la baie d’Antongil et l’archipel des Comores pour les mammifères marins, le nord de Madagascar pour le dugong, et enfin 2 des 3 sites majeurs de ponte des tortues.
- Très peu de sites sont reconnus sur le plan international. Très peu d’AMP sont inscrites aux conventions internationales : l’atoll d’Aldabra (Seychelles) au Patrimoine mondial, la mangrove de Malambolomaty (Madagascar) en site Ramsar, Mananara-nord et Tuléar (Madagascar) en Réserves de la Biosphère. Plusieurs projets d’inscription sont en cours, mais tardent à se concrétiser (Mohéli en réserve de biosphère).
- L’implantation des AMP s’est faite sans vision régionale. Or, les besoins de protection de la biodiversité et des ressources partagées au sein d’une même région, les besoins de représentativité biogéographique (espaces et espèces), de connectivité entre les populations, de taille critique, de résilience au blanchissement, de gestion des espèces migratrices…, nécessitent une vision régionale de la conservation et de l’identification des aires marines protégées.
- Le renforcement des capacités des gestionnaires est une nécessité. Il s’agit de l’un des mandats de WIOMSA (association des chercheurs en sciences marines de l’océan indien occidental), mais WIOMSA rassemble d’abord des scientifiques et la barrière de la langue (les cours étant dispensés en anglais), reste un handicap pour les pays de la COI.
- Les ressources humaines régionales en matière d’expertise scientifique sont insuffisantes, qu’il s’agisse de la cartographie, des études de base ou du suivi écologique des l’AMP.
- Les bénéfices économiques des AMP sont globalement peu documentés. Le suivi des parc marins et des réserves, qui permettrait de démontrer leur efficacité et leurs bénéfices (effet réserve, spill over, etc) n’est pas suffisant, même si les Seychelles ont beaucoup œuvré dans ce sens. Or, la mise en évidence des bénéfices tirés des AMP et de leurs retombées économiques est indispensable pour convaincre les élus de l’utilité des AMP dans le développement durable (pêche et tourisme) et pour faciliter leur acceptation par les populations locales.
- Les gestionnaires des AMP sont très isolés. Ils ont fait part à plusieurs reprises de la nécessité de créer un forum de rencontres pour partager les expériences, transférer les bonnes pratiques, etc.
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