Composante 1 : “Elaboration d’une strategie regionale de gestion de la biodiversite et des ressources marines.”

Objectif de la composante

Identifier un réseau d’espaces prioritaires, d’intérêt majeur pour la conservation de la biodiversité et des ressources marines et côtières, en mettant en œuvre une analyse éco-régionale, aboutissant à la validation d’une stratégie régionale de conservation et de gestion de la biodiversité et des ressources naturelles. Les résultats de l’analyse éco-régionale devront orienter les activités envisagées pour les composantes 2, 3 et 4, ainsi que les autres projets régionaux de conservation.

Principe

L’approche éco-régionale vise à développer des plans de conservation à une échelle compatible avec les unités naturelles de diversité biologique et les processus écologiques. L’éco-région est définie comme une unité terrestre ou aquatique abritant un ensemble caractéristique d’espèces, de communautés, de dynamiques, et de conditions environnementales. Pour être efficace, l’AER doit aborder les causes profondes des pressions conduisant à des pertes de biodiversité et de ressources naturelles. Pour réussir à long terme, toutes les parties prenantes doivent participer à l’élaboration de la stratégie régionale, que ce soit celles qui connaissent (les scientifiques, celles qui affectent la biodiversité ou celles qui sont affectées par les pertes de biodiversité.

Sur le plan biologique, l’approche éco-régionale se concentre sur six objectifs généraux :

  • la représentation de toutes les communautés naturelles dans des sites gérés et des réseaux d’aires marines protégées ;
  • le maintien des "hot-spots de biodiversité" ;
  • le maintien des processus écologiques et évolutifs qui créent et maintiennent la diversité biologique (zones d’upwelling, zones de frai, de nurseries, sources de recrutement etc.) ;
  • le maintien des populations viables d'espèces ;
  • la conservation d'habitats naturels suffisamment larges pour résister aux perturbations à grande échelle et aux changements à long terme (notion de résilience), comme les épisodes de blanchissement, les cyclones et l’impact des activités anthropiques ;
  • l’adoption de modes d’exploitation durable des ressources naturelles.

Le processus d’analyse éco-régionale combine approche scientifique, approche socio-économique et concertation avec les partie prenantes de la biodiversité. Il permet d’élaborer une stratégie régionale de conservation et de gestion de la biodiversité et d’identifier les sites prioritaires d’intérêt majeurs, dont la connectivité et la mise en réseau doit permettre de protéger la biodiversité et les ressources de l’éco-région.

Le processus d’analyse écorégionale se déroule en 5 étapes :

  1. Reconnaissance et synthèse de l’ensemble des données et de l'information existants (aspects biologique, socio-économique, physique, gouvernance), permettant l’identification préliminaire, par espèce, des sites d’intérêt majeur ; intégration et report de l’ensemble de ces connaissances par la mise en place d’un SIG (système d’information géographique) ;
  2. Evaluation biologique, afin de déterminer la répartition des espèces et communautés d’espèces, les dynamiques et processus écologiques qui agissent sur la survie des espèces dans la région,
  3. Evaluation socio-économique, pour comprendre les interactions et dynamiques sociales et économiques qui déterminent les pressions et opportunités futures qui affectent l’éco-région,
  4. Atelier de vision, afin d’établir une stratégie partagée de conservation de la biodiversité et des ressources naturelles, d’identifier et de hiérarchiser les sites-clé, et de définir les principales politiques à mettre en œuvre,
  5. Plan de conservation éco-régional, synthèse de l’atelier, à mettre en œuvre dans le cadre de partenariats public-privé-ONG.

Activités à réaliser

Activité 1A : Reconnaissance préalable, évaluations écologiques et socio économique

La phase de reconnaissance s’accompagne d’une identification de la situation actuelle des AMP prioritaires et dont la pérennité serait immédiatement menacée.

Sur certaines zones prioritaires mal connues (Comores, Madagascar, Rodrigue notamment) l’évaluation écologique peut demander un renforcement des connaissances par des études de terrain, de type « rapid assesment », faisant intervenir des scientifiques régionaux. Les rapports sont maintenant consultables par pays : Madagascar, Maurice (rapport final, annexe 5, 67, 8, 9, 10) Seychelles, France-Reunion, Comores.

L’évaluation socio-économique inclura nécessairement une analyse coût / bénéfice de la constitution du réseau d’aires marines et côtières protégées, de manière à contribuer à la mobilisation des acteurs.

L’ensemble des données sera rassemblé au sein d’un SIG régional.

Activité 1B : Atelier de vision, élaboration du plan régional de conservation

L’Atelier de vision constitue un événement-clé de la démarche éco-régionale. Organisé sur une durée de 3 à 5 jours dans un lieu favorable à la mobilisation de tous les participants, il réunira l’ensemble des spécialistes et des acteurs-clés de la biodiversité et des ressources marines (entre 50 et 80 participants) :

  • Des représentants qualifiés de la communauté scientifique,
  • Des représentants institutionnels de chaque pays en matière de politiques environnementales,
  • Des gestionnaires d’AMP,
  • Des représentants du secteur privé (tourisme, pêche industrielle, pêche artisanale) et des communautés locales,
  • Les ONG internationales de conservation actives dans la région.

Les objectifs de l’atelier régional de vision sont :

  • d’accorder la vision des différentes catégories d’acteurs sur des objectifs communs en matière de conservation de la biodiversité régionale ;
  • d’identifier les « hot-spot », sites d’intérêt prioritaire devant faire partie du réseau des AMP de la région en croisant l’ensemble des informations de chacun des taxons et des données physiques. Ces sites sont classés par ordre d’intérêt local, national (protection de niveau local ou national), régional ou international ;
  • d’analyser les écarts par rapport aux AMP déjà existantes et d’établir des priorités en fonction de l’urgence à intervenir (niveau des menaces) ;

Les résultats de l’atelier de vision donneront ensuite lieu à l’élaboration d’un document de stratégie et de planification pour l’éco-région, mettant notamment l’accent sur la constitution d’un réseau de sites d’importance internationale (Ramsar, Patrimoine mondial, Réserve de Biosphère) à une échelle biogéographique cohérente. Ce document devra ensuite être validé et approuvé par les pays de la COI.